LA GRAINE DE CARVI – Une plante «condimentaire» polyvalente

LA
GRAINE DE CARVI – Une plante «condimentaire» polyvalente
Carum ferait référence à
c’est-à-dire cette colonie d’Asie Mineure où la plante était abondante. Carvi
viendrait de karâwiyâ, mot d’origine arabe signifiant «racine à sucre».
Vieux comme le monde, puisqu’on en a retrouvé des traces sur des sites
préhistoriques, le carvi est surtout populaire dans les cuisines, car il s’agit
d’une plante «condimentaire» très polyvalente qui rehausse la saveur de
nombreux aliments tout en les rendant plus digestes. On connaît au moins deux
autres espèces alimentaires de carum, soit le carum roxburgianum (ajmud, en
hindi), dont la graine est prisée par les Indiens dans les chutneys, les currys
et les marinades, et le carum copticum (ajowan, en hindi), qui sert aux mêmes
usages ainsi que pour la préparation de confiseries et de boissons. Toutefois,
ces espèces n’étant pas indigènes chez nous, elles devront être cultivées. En
dehors d’appartenir tous trois au règne végétal, les haricots secs, le chou et
l’oignon cuits ont en commun de provoquer des émois intestinaux dont la
magnitude est plus ou moins importante selon les individus. Cela va de la
simple expulsion venteuse, tout à fait inodore et insonore, à la pétarade
tonitruante aux effluves soufrés… et souffrants, en passant par la détestable
«vesse» (il paraît que c’est le terme exact pour désigner les gaz silencieux
qui répandent une mauvaise odeur). Pour contrer ces effets hautement
indésirables, le carvi n’a pas son pareil. Stimulant, antispasmodique et
surtout carminatif, il soigne l’inappétence, les dyspepsies nerveuses, les
spasmes gastriques, l’aérophagie, le météorisme et les parasites intestinaux.
Les spécialistes affirment que c’est la plante carminative la plus fiable dont
nous disposons. On peut soit ajouter les graines directement aux mets coupables
— comme par hasard, elles accompagnent particulièrement bien le chou et la
choucroute —, soit en mastiquer quelques-unes à la fin du repas, soit en faire
une infusion en prenant soin de les broyer d’abord dans un mortier ou un moulin
à épices afin de libérer leur huile essentielle. Dans ce dernier cas, on
infusera pendant dix minutes 1 cuillère à thé de graines broyées par tasse
d’eau. Et puis rien n’interdit d’avoir toujours avec soi une réserve de graines
qu’on conservera dans une petite boîte de métal ou un flacon de verre, histoire
de faire face aux urgences en toute sérénité et équanimité. Assez doux pour
être administré aux bébés, le carvi soulagera leurs douloureuses coliques.
Préparez-le seul ou, mieux encore, en association avec la graine de fenouil, la
fleur de camomille et la feuille de menthe poivrée, à raison de
plantes ; infusez 1 cuillère à thé du mélange par tasse d’eau, remplissez-en un
biberon et laissez le bébé en boire à volonté. Les deux autres espèces de carum
dont il a été question ci-dessus ont également des propriétés médicinales. Les
graines de la première sont carminatives tandis que celles de la deuxième sont
employées pour soigner le mal de gorge, la bronchite et la toux.
Source : http://www.lesoirdalgerie.com
