Après le Di-Antalvic, Sanofi Aventis retire trois sirops anti-toux pour enfants
Après le Di-Antalvic, Sanofi Aventis retire trois sirops anti-toux pour
enfants (12-07-2009)
Par Amel Bouakba
Nouvelle alerte sur les médicaments. Après le
Di–Antalvic, le laboratoire Sanofi Aventis a décidé de retirer du marché
français et suisse trois sirops sans sucre contre la toux destinés aux enfants
et nourrissons.
Il s’agit du Rhinathiol, du Bronkirex et du Carbocistéine, ont rapporté hier
les agences de presse étrangères. Du phénol, un produit toxique, a été décelé
dans ces produits. L’Agence française de sécurité sanitaire de produits
de santé (AFSSAPS) précise sur son site Internet que cette décision est
motivée par la détection de phénol dans un lot de Rhinathiol pour enfant,
à la suite du signalement d’un patient suisse ayant mentionné une odeur
anormale. Les médicaments en question ont été rappelés par précaution en
France et en Suisse, en raison d’un «défaut de qualité», ont indiqué les
autorités médicales des deux pays. Dans l’immédiat, les autorités
sanitaires des deux pays recommandent de ne pas utiliser les flacons de sirop
sans sucre pour enfants Rhinathiol, Bronkirex et Carbocistéine, de
Sanofi-Aventis, et de les rapporter chez le pharmacien. L’Institut suisse
des produits thérapeutiques, Swissmedic,
a également annoncé le retrait du sirop Rhinathiol sans sucre pour
enfants «en raison d’un défaut de qualité qui conduit à une dégradation
de l’agent conservateur et à la formation des nouvelles substances».
«Dans les flacons de Rhinathiol qui sont concernés par ce défaut de
qualité, un aspect trouble du liquide et/ou une odeur/un goût
désagréables pourraient se produire», précise de son côté Sanofi-Aventis
Suisse dans un communiqué. Des effets
secondaires (entre autres nausées, vomissements) ne peuvent être exclus avec le
dosage indiqué. L’information sur le retrait des trois sirops qui a fait le
tour hier des agences de presse et des sites spécialisés semble passée sous
silence dans notre pays. Les pharmaciens que nous avons interrogés disent ne
pas être au courant de cette décision, affirmant n’avoir rien reçu de la part
du ministère de la Santé et de la Réforme hospitalière. Les médicaments en
question continuent à être vendus et, plus grave encore, prescrits par les
médecins. C’est le cas aussi pour le Di-Antalvic et ses génériques,
pourtant retirés depuis une semaine du marché en France et que les praticiens
chez nous prescrivent de façon «machinale». Certains pharmaciens évoquent
le fait de ne pas avoir été alertés par la tutelle pour retirer le Di-Antalvic.
Le médicament continue à occuper les rayons : «Je ne peux pas stopper la
vente de ce médicament sans avoir été avisée par les autorités concernées»,
lance une jeune pharmacienne exerçant dans une officine du
centre-ville. Un avis partagé par d’autres professionnels de la
santé. Les décisions de retrait de certains médicaments sont perçues avec
suspicion par d’autres pharmaciens qui y voient une manipulation d’ordre commercial.
Ces retraits seraient, selon eux, justifiés par un défaut de rentabilité
concernant lesdits médicaments. Les ayant contactés pour en savoir plus, nous
n’avons pas pu joindre les responsables de Sanofi Aventis Algérie, absents pour
cause de repos hebdomadaire. De même, nos efforts pour avoir des précisions de
la part du ministère de la Santé sont restés vains.
Source : http://www.latribune-online.com