Manifeste pour une médecine écologique
Manifeste pour une médecine écologique
- Liberté thérapeutique –
Collectif ACECOMED : http://www.acecomed.eu
1. Préambule
Le 7 mai 2004, l’Appel de Paris soulignait et attestait des
dangers relatifs à la pollution chimique. Cet appel faisait pourtant l’impasse
sur la nature et les conséquences des pratiques médicales actuelles. Il ne peut
pourtant y avoir de subsidiarité en matière de toxicité et s’il est entendu que
les produits chimiques réputés toxiques doivent être bannis de l’environnement
des populations, en principe saines, ils devraient être encore moins utilisés
en matière de traitement, surtout quand les personnes concernées sont
affaiblies par la maladie.
Ce manifeste reprend donc certains articles de l’Appel de
Paris que nous jugeons pertinents dans
l’aspect particulier qui nous occupe. Il prétend cependant
l’étendre à la pratique médicale, en cherchant à promouvoir, aussi dans ce
domaine, l’application de principes écologiques.
Rappelant que, selon
l’Organisation Mondiale de
Santé
1948, la santé est un « état de complet bien-être physique,
mental et social et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou
d’infirmité »,
Rappelant l’attachement
aux principes universels des Droits de l’Homme affirmés par la
Déclaration universelle des Droits de l’Homme du 10
décembre 1948 et les deux pactes internationaux des Nations Unies relatifs aux
droits économiques, sociaux et culturels et en particulier, son article 12.1,
qui reconnaît le droit pour toute personne de jouir du meilleur état de santé
physique et mentale qu’elle soit capable d’atteindre,
Rappelant que
Unies sur l’environnement a affirmé dans
du 16 juin 1972, que l’homme a un droit fondamental à la liberté, à l’égalité
et à des conditions de vie satisfaisantes dans un environnement dont la qualité
lui permette de vivre dans la dignité et le bien-être et que le droit à la vie
même fait partie des droits fondamentaux,
Rappelant que depuis
1997, avec la résolution A4-0075/97, le parlement européen s’est prononcé en
faveur de la reconnaissance des médecines non conventionnelles dans les pays
membres de l’Union Européenne,
Rappelant les lois
nationales de certains pays de la communauté européenne qui se sont prononcés
pour un aménagement de la liberté thérapeutique ou pour la responsabilisation
du patient fondée sur son consentement éclairé,
Rappelant que certains
pays de la communauté européenne disposent déjà d'une organisation
partielle de l’exercice des médecines non conventionnelles,
Rappelant le texte de
l’OMS, « Stratégies pour les médecines traditionnelles pour 2002-2005 »
quipréconise aux Etats,
· d’une part, pour les pays en voie de développement : le
recours massif aux « médecines
traditionnelles », à travers des dispositions permettant
une qualité et un suivi de l’enseignement,
ainsi que la protection des écosystèmes qui permettent
d’assurer les récoltes des plantes
médicinales,
· et d’autre part, pour les pays développés : le recours au
pluralisme thérapeutique par les
« médecines complémentaires ».
2. Attendus
Considérant, après des
succès médicaux indéniables, les échecs et impasses thérapeutiques actuels :
cancers, virus, résistances aux antibiotiques,
Considérant les
pollutions diverses relatives à l’exercice médical à travers les rejets dans
les eaux, en particulier les traitements hormonaux, antibiotiques,
antimitotiques ou radio-thérapeutiques,
Considérant les modes
de fabrication potentiellement polluants des médicaments,
Considérant les
dérives qui conduisent à une surconsommation médicamenteuse, sans amélioration
notable de la santé,
Considérant les
scandales en relation avec l’aspect commercial des pratiques médicales : sang
contaminé, hormones de croissance, opérations abusives,
Considérant le nombre
sans cesse croissant de victimes de maladies iatrogènes (causées par les effets
secondaires, les prescriptions indues ou erronées et la mauvaise utilisation
des médicaments),
Considérant l’existence
d’une agriculture conventionnelle responsable de graves pollutions, mais
considérant aussi celle d’une médecine conventionnelle prenant ses principes
sur la même philosophie et s’appuyant sur la même industrie chimique, et considérant
enfin que, de même qu’il existe une agriculture biologique comme
alternative à l’agriculture chimique, il est légitime de laisser émerger des
alternatives écologiques pour les pratiques médicales,
Considérant la
biodiversité, sous tous ses aspects, semences, plantes médicinales,
préparations
phytosanitaires ou médicinales naturelles,
Considérant la
diversité culturelle et scientifique que représentent les médecines
traditionnelles, et les méthodes thérapeutiques locales,
Constatant l’émergence
de nouvelles maladies infectieuses ou le retour en force d’anciennes, pour
lesquelles il n’existe plus de traitement efficace,
Constatant l'échec
économique du système biomédical actuel reposant sur une surenchère d'offres
toujours croissantes et coûteuses de médicaments et de technologies, sans
incidence positive suffisante sur la santé,
Constatant la forte
demande du public, pour les médecines alternatives, ressenties comme des
pratiques médicales plus respectueuses de l’individu et de l’environnement,
Constatant les
attaques des grands groupes chimiques contre cette biodiversité, à travers les
procès contre les organisations qui veulent préserver les semences anciennes,
les mesures prises contre la fabrication de complexes phytosanitaires naturels
: purins de plantes et d’ortie en particulier,
Constatant les
attaques à l’encontre des « médecines non conventionnelles », grâce aux
alliances
objectives entre les médias, le monde politique et de
puissants lobbies,
3. Déclaration
Nous, citoyens, patients, humanistes, juristes,
scientifiques, thérapeutes et médecins, devant la
gravité des atteintes à la liberté de nos choix
thérapeutiques, déclarons que :
Article 1 : Le
développement de nombreuses maladies est consécutif à la dégradation de
l'environnement et à l'affaiblissement des organismes
fragilisés par des modes de vie antinaturels, y compris sur le plan médical.
Article 2 : Ces graves
atteintes font peser une lourde hypothèque sur la qualité du patrimoine
génétique de l’humanité.
Article 3 : Les
pratiques médicales traditionnelles constituent une ressource humaine inestimable
qui doit être considérée comme un patrimoine de l’humanité
; la recherche dans ces domaines doit être soutenue.
Nous appelons les décideurs politiques nationaux, les
instances européennes, les organismes
internationaux, en particulier l’Organisation des Nations
Unies (ONU), à prendre toutes les
mesures nécessaires et en particulier :
Mesure 1 : Reconnaître
au patient le droit de choisir la méthode thérapeutique qui lui convient, de
façon complémentaire ou alternative. Considérant que ce point ne doit pas
conduire les patients à être soignés hors d’un cadre institutionnel rigoureux.
Mesure 2 : Etablir le
droit à la continuité des soins : un patient suivi en « médecines non
conventionnelles » doit pouvoir poursuivre son traitement
même s’il est pris en charge par un service
d’urgence, s’il est hospitalisé ou emprisonné.
Mesure 3 : Reconnaître
aux thérapeutes le droit d’utiliser toute méthode thérapeutique, pour
laquelle ils ont reçu une formation satisfaisante, dès lors
qu’il y a consentement éclairé du patient. Le choix thérapeutique non
conventionnel ne peut donc pas en tant que tel représenter une raison de
poursuite judiciaire ou ordinale.
Mesure 4 : Mettre en
oeuvre toutes les dispositions permettant la mise en place immédiate du
pluralisme thérapeutique.
Mesure 5 : Favoriser
la transparence de toutes les pratiques médicales, de façon à donner au
patient tous les éléments lui permettant de réellement être
en mesure d’affirmer ses choix
thérapeutiques et d’en assumer la responsabilité pleine et
entière.
Mesure 6 : Les
chercheurs capables de produire et d’inventer de nouvelles méthodes de
traitements écologiquement acceptables, doivent être
encouragés et leurs découvertes
systématiquement étudiées même si la science moderne n’est
pas encore en mesure d’expliquer les résultats obtenus.
Mesure 7 : Ne plus
autoriser les organismes génétiquement modifiés, dont la dissémination
génétique pourrait constituer une catastrophe pour la
biodiversité, et dont la consommation pourrait avoir des conséquences sérieuses
sur la santé humaine.
Mesure 8 : Donner un
cadre spécifique pour la culture, la récolte, le contrôle et la délivrance des
plantes médicinales, en instituant les métiers de
l'herboristerie dans les pays où ils n'existent pas et en autorisant les préparations
à base de plantes et de minéraux pour traiter les cultures et les sols.
Mesure 9 : Limiter au
strict nécessaire l’expérimentation animale et recourir à des modèles
scientifiques écologiquement compatibles. De l’ensemble de
ces mesures, nous souhaitons voir émerger des pratiques médicales compatibles
avec les mesures écologiques au coeur des grands débats actuels, mesures dont
la nécessité apparaît de plus en plus absolue pour que la terre ne subisse pas
rapidement une 6ème extinction biologique.
Nous, citoyens, patients, humanistes, juristes,
scientifiques, thérapeutes et médecins, devant la gravité des atteintes à la
liberté de nos choix thérapeutiques, déclarons que :
Article 1 : Le
développement de nombreuses maladies est consécutif à la dégradation de
l'environnement et à l'affaiblissement des organismes
fragilisés par des modes de vie antinaturels, y compris sur le plan médical.
Article 2 : Ces graves
atteintes font peser une lourde hypothèque sur la qualité du patrimoine
génétique de l’humanité.
Article 3 : Les
pratiques médicales traditionnelles constituent une ressource humaine
inestimable
qui doit être considérée comme un patrimoine de l’humanité
; la recherche dans ces domaines doit être soutenue.
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