Polyarthrite rhumatoïde, ostéoporose, lombalgies, goutte, arthroses…
Autant de maladies rhumatoïdes communes et très fréquentes, et surtout
invalidantes. Elles «rongent» une énorme part du budget de la santé publique.
Wassila Z. – Alger (Le Soir) – Pourtant, dépistées précocement, ces maladies
sont, souvent, facilement traitables. C'est dans le but de sensibiliser et de
vulgariser ce genre de pathologies que la Ligue algérienne antirhumatismale organise,
depuis hier à Alger, les journées nationales de rhumatologie. Plusieurs
rhumathologues nationaux et internationaux, des associations et autres experts
ont participé à cette manifestation scientifique. Pr A. Ladjouze Rezig,
présidente de la Ligue
algérienne antirhumatismale, estime «que le diagnostic précoce permet de
meilleurs soins. Dans la polyarthrite, le plus important c'est le diagnostic »,
expliquera-t-elle. Cette maladie affecte le patient de plusieurs façons.
Interrogée sur la prévalence de cette maladie, Pr Ladjouze affirme qu'il n'y a
pas de statistiques fiables. «On n'a pas réuni l'épidémiologie totale. Il faut
faire une étude multicentrique » pour évaluer le taux exact. Cependant, la
prévalence est estimée entre 0,8 à 2 % en Algérie, selon les dernières données.
Ce qui place la pathologie en deuxième position après le HTA, d'après
l'oratrice. Des traitements existent et réduisent les complications de la
maladie. Un traitement existe De nouvelles données dans le traitement de
l’arthrite rhumatoïde, qui est une maladie inflammatoire et invalidante qui
conduit à des articulations raides, enflées et douloureuses, ont été présentées
lors de ces journées. Par le passé, «la polyarthrite était chronique,
déformante et ankylosante». Les patients touchés par ce type de pathologie ont
une durée de vie réduite de cinq ans, et souffrent de plusieurs complications.
Des complications dues à la maladie, mais également aux traitements prescrits,
selon Pr Ladouze. Grâce aux nombreuses découvertes scientifiques, on parle
actuellement de polyarthrite chronique. En parlant de maladie chronique, cela
nous amène à parler de la prise en charge des malades. Les traitements
existent, mais leurs coûts restent très élevés. En Algérie, les professionnels
de la santé «n'utilisent les nouvelles molécules qu'après avoir évalué leurs
retombées en Occident», estime la présidente de la Ligue. On parlera d'un
traitement efficace «Mabthera» qui est déjà disponible en Algérie. Pas très
coûteux mais non prescriptible à tous les patients. Le traitement exposé hier,
par un spécialiste français «améliore la réponse du malade à l’arthrite
rhumatoïde avec une réduction de 70 % des symptômes à l’issue de trois cures
successives du traitement». Les professionnels de la santé qualifient cette
avancée «d’exceptionnelle ». Aussi, un traitement prolongé avec Mabthera a
clairement démontré une amélioration des symptômes pour les patients souffrant
d’arthrite rhumatoïde. Il s'agit de «la seule thérapie qui a démontré une
réduction du dommage de la structure de l’articulation ». Les dommages causés
au niveau des articulations sont considérablement réduits. Une assurance pour
les patients. Sachant que l’arthrite rhumatoïde exige des traitements qui sont
à la fois efficaces et sûrs durant une longue période, estiment les
rhumatologues. Plusieurs thèmes sont traités lors de ces journées, dont les
travaux prennent fin aujourd'hui.
Les maladies rhumatismales sont nombreuses et toujours aussi douloureuses que
handicapantes. Dans notre pays, ces pathologies touchent une grande partie de
la population. Elles se positionnent juste après l’hypertension artérielle.
Prise en charge, traitements… sont autant de questions qui étaient au cœur des
8èmes journées nationales de rhumatologie organisées hier et aujourd’hui à
l’hôtel Aurassi par la Ligue
algérienne anti-rhumatismale (LAAR). Selon le professeur Aïcha Ladjouze Rezig,
présidente de la LAAR
et chef de service de rhumatologie de l’établissement hospitalier spécialisé
(EHS) de Ben Aknoun, les maladies rhumatismales comme la polyarthrite ou
l’arthrose sont de plus en plus courantes. Il existe de nombreuses maladies
appelées rhumatismales parce qu’elles ont en commun d’entraîner une
inflammation douloureuse des articulations (arthrite). Du coup, les gestes les
plus simples de la vie deviennent insupportables et impossibles à réaliser.
Parmi les maladies rhumatismales l’arthrose est la maladie articulaire la plus
fréquente en Algérie ; elle résulte d’une dégradation du cartilage qui
recouvre les extrémités des os au niveau des articulations. Les premiers
symptômes apparaissent généralement à partir de 40-50 ans, mais la maladie
commence souvent bien plus tôt, vers 35 ans. Selon les spécialistes, trois
millions d’Algériens, âgés de 35 ans et plus sont atteints d’arthrose. Le
professeur Ladjouze a insisté sur le diagnostic précoce pour une meilleure
prise en charge de cette pathologie handicapante, estimant qu’il s’agit d’une
maladie grave qui entraîne de nombreuses complications, dont des déformations.
Il faut savoir que l’arthrose ne bénéficie actuellement que de traitements
symptomatiques. Sa prise en charge est axée sur la réduction de la douleur.
Dans les cas de destruction osseuse, la chirurgie permet la pose de prothèses
articulaires. S’agissant de la polyarthrite, maladie systémique du tissu
conjonctif, caractérisée par une inflammation articulaire chronique évoluant
par poussées et provoquant progressivement des déformations symétriques des
articulations, le professeur Ladjouze indique qu’on enregistre entre
150 000 à 200 000 cas en Algérie mais que beaucoup de personnes
atteintes ne sont pas diagnostiquées. «Aucune étude épidémiologique n’a été
réalisée jusqu’à maintenant dans notre pays pour connaître la prévalence exacte
de toutes ces maladies rhumatismales», dira-t-elle. Elle précisera toutefois
qu’une enquête sur ces maladies à l’échelle nationale a été lancée par le
comité national de rhumatologie. Le poids de ces maladies est accablant pour
les malades qui voient leur vie totalement chamboulée du jour au lendemain.
C’est le cas de Abdelkader Benomar, cadre à Air Algérie et vice-président de la LAAR, atteint depuis quelques
années de polyarthrite et venu témoigner de sa lutte contre cette terrible
maladie.
Les maladies rhumatismales sont nombreuses et leurs causes multiples. C’est
pourquoi, leurs traitements sont différents. Les traitements actuels sont
destinés principalement à soulager la douleur. Parmi les sommités
internationales ayant pris part à cette rencontre, dans le cadre du symposium
du laboratoire Roche, le professeur français Thierry Schaeverbeke, chef
du service de rhumatologie du CHU de Bordeaux, a donné une communication sur la
prise en charge pratique des patients sous Mabthera (Rituximab) pour le
traitement de l’arthrite rhumatoïde. Ce traitement, un médicament hospitalier
est disponible en Algérie depuis début 2007, améliore la réponse du malade à
l’arthrite rhumatoïde avec une réduction de 70% des symptômes à l’issue de
trois cures successives.