Les pratiques contraceptives étaient connues des anciens Arabes et les Docteurs de la Loi musulmane considérant que l'Envoyé de Dieu ne les ayant pas déclarées illicites (Harâm) durant la Révélation, celles-ci étaient admises en Droit musulman (fiqh). Le point de savoir si l'accord des 2 conjoints est nécessaire ou non pour l'autoriser formellement a divisé secondairement les juristes. Mais c'est AL GHAZALI qui, à la fin du XI ème siècle indique que malgré tout, la contraception (man'al haml) n'est pas conforme à l'esprit général et religieux du mariage (qui est la procréation), mais sans être nullement interdite, elle reste légèrement blâmable. Elle est néanmoins justifiée dans les suites de couches difficiles, et dans les cas où la santé, la beauté de la femme peuvent être altérées par la grossesse, de même si le nombre d'enfants ou l'impact économique d'une nouvelle natalité mettent en péril l'équilibre de la famille. On connaît depuis l'antiquité égyptienne de nombreuses méthodes contraceptives. Certains Papyrus de (Berlin) remontant à la XII ème dynastie (-1750 A.C) regroupent sous la rubrique « pour éviter » suivi du symbole phallique des méthodes contraceptives incluant des tampons cervico-utérins, des pessaires divers, des pâtes et onguents et des substances comme la gomme d'acacia, productrice d'acide lactique aux effets tout à fait spermicides avérés. La contraception semble dès lors connues dans toutes les civilisations du bassin méditerranéen et la médecine des premiers encyclopédistes de l'Islam allait collecter des formules variées de méthodes et produits à usage féminin ou masculin, d'usage contraceptif ou préventif des M.S.T.
AVICENNE (980-1037) dans son célèbre Cânon de la médecine ne décrit pas moins d'une vingtaine de méthodes. Mais c'est Al Ghazali (1058-1111), qui après Razès semble avoir formellement décrit le « petit sac protecteur fait à partir d'un boyau » – sa dénomination de « protecteur » indique bien son usage surtout prophylactique. En effet, comme on l'a vu, la pensée religieuse de l'Islam était moins orientée vers la contraception quoique permise, que vers la prévention et la prophylaxie sexuelle en matière de pathologie génitale du mari ou de la femme légitime. La notion de femme légitime ressort du Coran (V-3, an Nissa) qui autorise la polygamie à condition d'être juste mais préfère la monogamie, autorise d'épouser une femme libre, ou esclave, musulmane chrétienne ou juive si elles sont croyantes sincères. Certains liens de parentés interdisent de contracter mariage avec les nièces, les soeurs de lait, les très proches parents etc… Les maladies vénériennes étaient connues et traitées par des onguents mercuriels ou soufrés et des instillations d'antimoine on conseillait alors l'abstinence sexuelle ou l'usage du « petit sac fait de boyau ». Ce préservatif rudimentaire était donc tourné vers la prophylaxie de la contamination de la conjointe et son intérêt contraceptif est une conséquence seconde de son usage puisque des méthodes contraceptives plus courantes (acte interrompu) étaient largement connues (`azl) et licites avec moins d'inconvénients. Mais cette autorisation et cette licéité ne concerne que les rapports conjugaux seuls reconnus licites dans l'Islam. Un aphorisme tiré de la Tradition indique : « le mari est pour la femme un préservatif et vice versa » (soyouti). L'usage du Préservatif aujourd'hui est indiqué à titre prophylactique autant que contraceptive et son indication relève plutôt de la prescription médicale de thérapeutique sexuelle masculine préventive que d'usages à visée seulement contraceptive puisque les rapports hors illégitimes n'étaient pas permis. En effet, si les docteurs de l'Islam ont vu d'un mauvais oeil l'usage du préservatif en tant que contraceptif dans des rapports extraconjugaux, il faut remarquer que le Coran, base absolue de la Loi musulmane, permet les rapports légitimes avec les personnes suivantes : Coran IV-3 (An nisa) « Il est permis d'épouser deux, trois, ou quatre parmi les femmes qui vous plaisent mais si vous craignez de n'être pas justes envers celles-ci alors n'épousez qu'une seule ou des esclaves que vous possédez ». L'autre condition est l'accord des deux époux pour éviter la grossesse ou la maladie dans l'utilisation du préservatif. Certes la maladie dans l'Islam est envoyée par Dieu qui pourvoira dans son infinie prescience au traitement de tous les maux, cependant l'humain doit veiller à la santé de son corps comme un hôte doit veiller sur son invité – puisque « les corps parleront à la Résurrection ». Et s'il est interdit dans l'Islam de se jeter délibérément dans un danger évident donc de se meurtrir, de se rendre malade ou même de se donner la mort, il n'en est pas moins vrai qu'il est interdit de porter atteinte à la santé ou à la vie d'autrui, surtout une épouse innocente. C'est dire l'embarras des médecins musulmans pour conseiller un préservatif (en arabe : al kiss al Waqy) pour un usage non strictement conjugal et seulement comme préventif du SIDA. La contraception la plus commune reste les oestroprogestatfs ou le stérilet. Mais la prévention des MST et du SIDA si prévalants en milieu maghrébin sur les 2 bords de la Méditerranée ont imposé l'usage du préservatif en cas de pathologie sexuelle avérée, à fortiori si le contaminé est marié. Dans les autres cas, les rapports extraconjugaux relèvent du « Zina », l'adultère condamné dans la Bible et le Coran, mais les faits sont là : des jeunes gens, des jeunes filles sont contaminées quelles que soient les règles éthiques qui prévalent dans leur religion, y compris l'Islam. Aussi des campagnes ont lieu dans certains pays musulmans, y compris le Maghreb où l'information populaire de masse fonctionne à l'aide de plaquettes bilingues et de documents inspirés du « safer sex ». Des équipes éducatrices, associatives ou de proximité médicale ou sociales essaient malgré les tabous religieux et les interdits prononcés d'amener les personnes à risque à davantage de réalisme afin de ne pas ajouter à la culpabilisation d'un rapport illicite la responsabilité de contaminer en connaissance de cause une innocente. Le Musulman doit vivre avec son temps
Références coraniques Coran XVII-32 : « Evitez la fornication, c'est une abomination et une voie pleine d'embûches… » Coran IX-195 : « Evitez de vous jeter dans un péril de votre propre fait ». Coran IV-29 : « Ne soyez pas cause de votre propre mort ». Coran 25-70 : « Ceux qui assassinent sans légitime défense et ceux qui commettent l'adultère seront comptables devant Dieu au Jour de la Résurrection ». Coran 24-2 : « La débauche des hommes et des femmes est interdite ». Hadith : « Musulmans ! évitez la fornication car elle présente six inconvénients : trois en ce bas-monde : perte de la beauté du visage, raccourcissement de la vie, pauvreté permanente et trois dans l'au-delà :le courroux de Dieu, une mauvaise conscience et la déchéance infernale ». Bûkhary : la fornication éloigne le croyant de la religion lorsqu'il la commet, mais s'il y renonce, la Foi lui reviendra. Sagesse : « Il n'est pas de maladie sans que Dieu ait prévu son remède.. » Razès : « La médecine n'est facile que pour les imbéciles. Les médecins sérieux découvrent toujours de nouvelles difficultés. »
Qui n’a pas
entendu parler de produits censés multiplier le désir ou augmenter la vigueur
sexuelle ? Nul besoin d’aller les chercher en magasins spécialisés : vous
mangez chaque jour des aliments à la réputation sulfureuse ! Poissons, bananes,
artichauts… Ces produits ont-ils réellement des vertus aphrodisiaques ?
Selon les pays et les époques, de nombreux aliments se sont vu octroyer des
vertus aphrodisiaques. Petit tour d’horizon des fruits, légumes, viandes,
poissons et autres épices de l’amour…
- Les fruits
défendus De
nombreux végétaux sont censés réveiller le désir. Le chocolat est l’un des plus
connus. Sa réputation ne serait pas aussi usurpée qu’on peut le croire. En
effet, il contient des substances qui lui confèrent un pouvoir stimulant sur le
cerveau. Certes, il faut en consommer des kilos avant d’espérer un quelconque
effet. Les bananes ont également bénéficié d’une réputation pour le moins
scabreuse. Néanmoins, leur forme phallique est sans doute la seule responsable.
Citons également les avocats, la menthe…
-Le bonheur
est dans le pré…
En ce qui concerne les légumes, l’un des plus connus est l’artichaut. Son nom
serait d’ailleurs lié à la «chaleur» qu’il engendrerait chez de nombreuses
personnes. Aucune preuve scientifique n’est cependant venue confirmer ces
faits. Les pommes de terre bénéficient également d’une réputation sulfureuse…
en Amérique du Sud. Certes, cette plante contient en très petites quantités des
alcaloïdes qui pourraient avoir un effet stimulant. Néanmoins, ceux-ci sont
essentiellement concentrés dans les feuilles. Les oignons sont aussi connus
pour leur propriété excitante… Du moins s’ils sont mangés crus. Mais il faut
relativiser, car on a prêté à ces bulbes de nombreuses qualités :
antiseptiques, antirhumatismales, etc. Parmi les végétaux réputés, citons
également les truffes, les asperges, le céleri…
- Poissons,
viandes et fruits de mer… Les
fruits de mer sont connus pour mettre du sel dans les soirées… Les huîtres sont
certainement les plus réputées. Certains attribuent leur propriété stimulante à
leur teneur élevée en iode et en phosphore. Pour d’autres, la laitance serait
seule responsable d’une augmentation du désir : il est vrai que cette substance
blanche n’est rien d’autre que le liquide séminal émis par les huîtres. Les
propriétés excitantes de la laitance seraient ainsi liées à son rôle dans la
reproduction, mais aucune preuve de son efficacité n’a encore été établie. Le
caviar semble également posséder des propriétés stimulantes. Peut-être que, là
encore, son origine est la source de cette croyance… D’une manière générale,
les œufs bénéficient d’une réputation aphrodisiaque. Le kama-sultra conseille
d’ailleurs d’en consommer en grande quantité pour retrouver sa vigueur
sexuelle. Parmi les fruits de mers réputés, citons également les oursins, les
écrevisses… S’il est clair qu’un dîner aux chandelles ne peut que mettre votre
partenaire dans de bonnes dispositions, dépenser des sommes folles en huîtres
et caviar ne vous garantit pas une nuit inoubliable.
- Epicez vos
amours… Pour
mettre du piquant dans votre vie amoureuse, pensez aux épices… C’est du moins
l’une des croyances les plus répandues. L’épice dont les vertus semblent les
plus reconnues est bien sûr le gingembre (skandjbir). Cette racine pourrait
justifier sa réputation : elle possèderait des propriétés vasodilatatrices.
Mais de là à la considérer comme aphrodisiaque… Sa forme de «petit homme» est
plus certainement à l’origine de la légende ! La cannelle est également
considérée comme hautement stimulante. Parmi les épices de l’amour, citons
également le safran, le persil, la muscade, le cumin. Si vous ne savez pas
lequel choisir prenez du curry ! Cette épice est en effet un mélange de la
plupart des autres : gingembre, poivre, cumin… Effet (placebo ?) garanti !
Attention, sachez qu’au même titre qu’il existe des aliments qui boostent le
désir, d’autres sont réputés «anaphrodisiaques », c’est-à-dire entraînant une
diminution de la libido. Ainsi, selon une croyance populaire, la laitue,
consommée en grande quantité, serait responsable d’une baisse du désir : bien
entendu, cette croyance n’est fondée sur aucun élément scientifique.
« un soir, en rentrant du travail, j’ai trouvé, placée en évidence sur la table du salon, une pochette d’Air France. A l’intérieur, un billet aller pour New York. J’ai demandé des explications à mon mari, qui m’a répondu qu’il allait rejoindre sa maîtresse à la fin du mois et qu’il comptait s’installer avec elle. »
Anne, 44ans, rupture après douze ans de mariage.
« J’ai reçu un e-mail me disant qu’il avait été très heureux avec moi, mais qu’il avait rencontré quelqu’un d’autre. Il terminait son message en me souhaitant bonne route ! »
Julie, 37 ans, rupture après une relation de un an.
« Il s’est muré dans le silence pendant des semaines, j’ai essayé en vain de crever l’abcès, il a fini par me dire qu’il s’installait chez un de ses copains pour faire le point. Il y est resté et je n’ai jamais eu aucune explication ! »
Corinne, 35 ans, rupture après deux ans de vie commune.
« Ces témoignages montrent bien que les hommes ont énormément de mal à avouer leurs sentiments et à dire les choses franchement,analyse Stéphane Szerman, psychothérapeute et auteur du “Guide du bien-être”(Robert Laffont, 2001). D’ailleurs, quand ils viennent consulter, ils n’évoquent jamais la difficulté qu’ils ont à rompre, mais parlent d’anxiété, de stress ou de tout autre chose. Ce n’est vraiment qu’après un travail plus poussé qu’ils avouent une demande cachée du type : “Je ne suis pas bien chez moi, j’ai envie de partir.” Dans nos sociétés, l’homme a l’habitude d’être dans l’action. Il est à la recherche de concret, de résultats. Or, la rupture est synonyme de perte et d’incertitude, donc d’angoisse. »
C’est pourquoi ils sont si nombreux à éviter de rompre clairement ou à nouer très vite une nouvelle relation après avoir quitté leur épouse ou compagne… quand ce n’est pas avant. Une manière pour eux de conjurer une angoisse d’autant plus difficile à surmonter qu’ils ont du mal à l’exprimer.
L’incapacité à se séparer de la mère
Pour le psychiatre Jacques-Antoine Malarewicz,auteur de “Repenser le couple” (Robert Laffont, 2001), la crainte toute masculine du vide et de la solitude renvoie à l’angoisse de la rupture avec la mère. En effet, enfant, le garçon s’imagine qu’il est tout pour elle et qu’elle ne saurait vivre sans lui. Il ne prend conscience de son erreur que dans la période œdipienne, où il réalise que le véritable objet du désir de sa mère n’est pas lui mais son père. Cette révélation l’angoisse, mais simultanément le soulage.
Quand cette prise de conscience n’a pas lieu –père trop peu présent, mère investissant réellement trop son fils –, le garçon continue imaginairement à croire qu’il est son partenaire. La quitter serait la tuer. D’où, plus tard, la difficulté à la fois à se lier à une femme et à s’en séparer.
Oscillant constamment entre désir de partir et culpabilité, l’homme n’agit pas, tandis que la femme prend des décisions. « Les hommes expriment rarement leur désir de rupture avec des mots, constate Martine Teillac, psychanalyste. Ils développent plutôt un comportement agressif ou provocateur, assez immature. Souvent, le fait que leur couple ne marche pas constitue une faute qu’ils essaient de rejeter sur l’autre. »
« Je m’arrange toujours pour être quitté plutôt que de quitter, explique Philippe, 27 ans. Comme ça, je n’endosse pas les habits du salaud, du bourreau, et tant pis si cela suppose de se montrer odieux pour rendre l’atmosphère irrespirable et pousser ainsi l’autre à prendre l’initiative. C’est peu glorieux mais très efficace ! »
Yvan, 31 ans, en couple depuis bientôt dix ans et père d’un petit garçon, connaît une autre tentation : « J’ai envie de tout plaquer, de partir loin au moins vingt fois par an et je ne le fais jamais. Ma compagne, elle, quand elle a eu envie de me quitter, a pris deux fois sa valise pour partir réfléchir ailleurs. »
Cette dissymétrie totale de comportement ne surprend guère Jacques-Antoine Malarewicz tant, pour lui, le rapport de l’homme au couple est radicalement différent de celui de la femme. « A l’heure actuelle, le couple est féminin ou n’est pas », résume-t-il en une formule unbrin provocatrice. Selon lui, les femmes ont en effet développé une aspiration au bonheur et à une vie de couple réussie – à savoir épanouie sur le plan sexuel et sentimental – en même temps qu’elles ont acquis leur autonomie sociale. Aussi n’hésitent-elles pas à rompre si leurs conditions de réussite du couple ne sont pas remplies.
Une difficulté à s’exprimer clairement
Les hommes, eux, en sont restés à un modèle archaïque du couple, datant du XIXe siècle, où, une fois la phase de séduction passée, ils n’ont plus rien à construire ni à travailler. C’est pourquoi ils prennent conscience du délabrement de leur couple très tard. Trop tard. Et le thérapeute prédit que les choses ne changeront que si les hommes deviennent plus exigeants et définissent leurs propres critères d’une relation réussie. Pour Christine Halphen, psychothérapeute, spécialiste du couple, les hommes auront fait un grand pas en avant quand ils auront appris à « se séparer » plutôt qu’à « rompre ».
L’homme qui rompt brutalement donne rarement à sa partenaire les raisons de sa décision, et cette incapacité à s’expliquer clairement augmente la souffrance de celle-ci. « Quitter l’autre sans explication,c’est ne lui laisser aucune chance de se défendre, aucune chance de dire :“Je ne suis pas d’accord” ou “Toi aussi, tu portes ta part de responsabilité”,explique la psychanalyste Martine Teillac. Pouvoir établir une liste des griefs, c’est aussi en écarter certains, tandis que n’en évoquer aucun, c’est les considérer tous comme justifiés. Le non-dit tue l’autre, qui, dans ce silence, va investir tous ses fantasmes, toutes ses incertitudes. Il est ensuite très difficile pour la femme quittée de se reconstruire car, d’une certaine façon, elle se trouve niée dans sa totalité. »
Les femmes préfèrent les “vrais” hommes
Après tout, la vie de couple n’est pas toute la vie… C’est la découverte qu’a faite Christophe, 35 ans, après quatre ans d’analyse : « J’ai vécu une relation très fusionnelle avec ma mère. Seule celle qui est devenue la mère de mon fils a eu assez de force pour couper ce cordon.Mais c’est alors avec elle que la fusion s’est reproduite : nous nous nourrissions l’un l’autre, nous ne voyions que des amis communs, etc. Il y a un an, au cours des vacances d’été, il m’est tout d’un coup apparu évident que nous ne pouvions plus continuer de la sorte. L’automne venu, je suis parti. »L’analyse l’a ensuite aidé à comprendre qu’il n’était pas seulement un fils ou un petit garçon, mais aussi un conjoint. Bref, un homme. Son ancienne compagne semble l’avoir également compris et essaie, depuis peu, de renouer avec lui.
Ironie de l’histoire, ce sont précisément les hommes qui savent rompre que les femmes désirent le plus séduire et garder le plus longtemps auprès d’elles. « A l’inverse de ceux qui vivent dans une sorte d’indécision, souvent associée à la féminité, les hommes capables de dire : “Je ne t’aime plus” ou “Je te quitte” savent ce qu’ils veulent et où ils vont, souligne Jacques-Antoine Malarewicz. Bref, aux yeux de la plupart des femmes, ce sont eux, les “vrais” hommes. »
L’AVIS DU SPECIALISTE : Christine Castelain-Meunier, sociologue, chercheur au CNRS
« Les plus jeunes savent repasser leurs chemises »
Trois questions à Christine Castelain-Meunier, sociologue, chercheur au CNRS, auteur notamment de “La Paternité” et “Paternité et mouvement culturel” (PUF, 1997 et 2002).
Psychologies : Dans le passé,l’initiative de la rupture était-elle toujours masculine ? Christine Castelain-Meunier : Oui, àde rares exceptions près. D’abord parce que, légalement, les femmes n’en avaient pas la possibilité ; ensuite, et surtout, parce que, socialement, la cellule familiale était centrée sur l’homme.
A l’heure actuelle, au contraire, quand un couple se sépare, c’est la femme qui, dans 73 % des cas, demande le divorce.Comment en est-on arrivé là ? Le déclic a été l’instauration, en 1975, du divorce par consentement mutuel.L’idée selon laquelle mieux vaut être seule que mal accompagnée a fait son chemin. Un peu perdus, cherchant de nouveaux repères en matière de paternité ou de masculinité, les hommes n’en sont pas encore là.
Les choses changent-elles ? Oui, les hommes de 20-25 ans ne rencontrent pas les mêmes difficultés. Plus à l’aise dans leur tête, ils le sont aussi dans leur couple et n’hésitent pas à le remettre en cause s’il ne leur convient pas. Surtout qu’à l’inverse de leurs aînés qui avaient besoin de Madame en ce qui concerne la logistique –nourriture, repassage, etc. –, de plus en plus de jeunes hommes savent vivre seuls. On devrait donc assister à un lent rééquilibrage de la tendance, la rupture ne leur faisant plus forcément aussi peur.
chronique de Ghaleb Bencheikh parue dans le
quotidien algérien El Watan du 30 septembre 2007
Outrepassant les limites imposées par une pudibonderie
affectée, nous aborderons dans la chronique d'aujourd'hui les relations
maritales et leurs dimensions affective et charnelle.
En effet, les liens entre époux dans le cadre idéal reconnu que
constitue le mariage sont consolidés par l'amour. Ces liens doivent permettre
au désir de trouver sa pleine satisfaction dans la plénitude d'une union mature
qui lui donne toute sa grandeur humaine, conforme à une conception ouverte et
épanouie d'un amour physique conjugal non restreint à la procréation. Le
plaisir donné et reçu prend, de surcroît, une valeur d'acte de piété et la
chambre nuptiale se voit érigée en sanctuaire de l'intimité, temple consacré
des ébats joyeux. Le rôle de l'épouse amante y est actif et positif. Une vie
sensuelle réussie contribue à la réussite du couple et au bonheur de la
famille. L'échec est une cause suffisante pour l'épouse infortunée de demander
le divorce, qui lui sera accordé par le juge, en vertu de la fameuse sentence
« assure et assume sinon libère et délie ». Les exemples abondent
dans l'histoire et remontent jusqu'au temps de la prédication mohammadienne.
Par ailleurs, avant la régression tragique à laquelle nous
assistons depuis des décennies, toute une éthique des rapports charnels est
enseignée aux époux afin qu'ils prennent conscience de ce qu'ils se doivent,
l'un l'autre, dans le cadre de leur relation intime. Cette valorisation du
plaisir, jugée licencieuse de l'extérieur, est aujourd'hui battue en brèche par
les images de femmes bafouées, niées, humiliées ou violentées, que nous
renvoient les complaintes sourdes ou stridentes venues d'Afghanistan, d'Arabie
Saoudite, d'Iran, du Nigeria et des banlieues des villes européennes. Où est
donc passé le hadith qui définit « Le plus parfait des croyants est celui
qui, avec ses qualités morales, est très doux avec sa femme ? » C'est
en cela que le Prophète a considéré les qualités des rapports conjugaux comme
la jauge à l'aune de laquelle on peut apprécier la vraie nature des hommes.
C'est le critère de base qui permet de juger du bon caractère.
Schématiquement, la vision extérieure de la femme musulmane
oscille entre turqueries, danses du ventre et voiles vaporeux et arachnéens
couvrant à peine des femmes lascives et ondoyantes, d'une part, et femmes
battues, effacées, annihilées par les burqas ou marchant trois pas derrière le
mari, quand il arrive à l'infortunée épouse de sortir de sa « maison
prison », d'autre part. Occultée par ces divers écrans, la Femme musulmane n'est
souvent, dans une représentation occidentale conditionnée, que valorisée comme
support de fantasmes exotiques qu'elle inspire, ou dépréciée par les sévices
odieux qu'elle subit. Au-delà de ces images, relevant dans certaines contrées
d'une affligeante réalité : Saoudiennes interdites de conduite
automobile ; dégradation du sort des femmes en région subsaharienne ;
regain d'un esclavage qui ne dit pas son nom dans le Golfe arabo-persique, ce
problème épineux doit être examiné dans son hétérogénéité historique et sa
complexité contemporaine.
Encore une fois, nous autres musulmans ne sortirions de l'ornière
que si les relations hommes/femmes au sein de nos sociétés étaient fondées sur
l'amour et la reconnaissance.