Les célibataires
quadragénaires auraient deux fois plus de chance de montrer des signes de sénilité
dans le futur que ceux en couple. Les personnes qui ruminent leurs problèmes
auraient moins de chances de perdre la tête. Deux études surprenantes sur les
risques de démence de personnes âgées ont été présentées lors de la Conférence
internationale sur la maladie d’Alzheimer, fin juillet à Chicago.
Une première étude, relayée sur le site Internet de l’International conférence
on Alzheimer’s disease 2008, s’est portée sur les risques de développement de
démences. Des chercheurs suédois ont questionné près de 1 500 personnes âgées
de 40 à 50 ans sur leur vie, dans les années 1970 et 1980. Vingt à trente ans
plus tard, les participants qui vivaient avec un conjoint au milieu de leur vie
sont moins atteints de démence que ceux qui étaient célibataires, divorcés ou
veufs. Après ajustement des données recueillies en tenant compte des effets du
poids ou de l'activité physique, les chercheurs estiment que les personnes en
couple courent 50 % de risque de moins que les personnes vivant seules de
développer une démence plus tard. Une deuxième étude réalisée sur plusieurs
dizaines d’années s’est conclue en 2008. Dans les années 1970, des chercheurs
ont questionné 9 000 participants âgés de 50 ans en moyenne, sur leur état
d’esprit. Ils devaient se placer sur une échelle de 1 à 4 allant de «je ne
pense jamais à mes difficultés» à «je pense régulièrement à mes difficultés ».
Trente ans plus tard, parmi les survivant, 24 % de ceux qui n’y pensaient
jamais étaient atteints de démence contre 15 % de ceux qui y pensaient
régulièrement. Selon les chercheurs, ces résultats s’expliquent par le fait que
penser à ses soucis maintiendrait une activité cérébrale.
Comment lutter contre la maladie d’Alzheimer ? En
mangeant tous les jours du poisson, d’après une nouvelle étude anglaise.
Une nouvelle bonne raison de mettre à l’honneur le poisson dans nos assiettes.
D’après une étude publiée dans la revue American Journal of Clinical Nutrition,
la consommation régulière de poisson réduirait le risque de démence chez les
personnes âgées.
Les auteurs de cette étude, des chercheurs du King’s College of London, ont
voulu connaître le lien entre consommation de poisson et risque de démence.
Pour cela, ils ont analysé les habitudes alimentaires de plus de 15 000
personnes âgées de plus de 65 ans et habitants sept pays différents (Chine,
Inde, Cuba, République Dominicaine, Venezuela, Mexique et Pérou).
Résultat : les personnes qui consomment le plus de poisson ont un risque de
démence diminué de 20%. En revanche, ceux qui consomment le plus de viande ont
un risque plus élevé.
D’après les chercheurs, les oméga-3 contenus dans le poisson ont un effet
protecteur sur les neurones. La consommation régulière de poisson permettrait
de lutter contre la dégénérescence cérébrale et la maladie d’Alzheimer.
E. Albanese, A.D. Dangour, R. Uauy, D. Acosta, M.
Guerra, S.S. Gallardo Guerra, Y. Huang, K.S. Jacob, J. Llibre de Rodriguez, L.
Hernandex Noriega, A. Salas, A.L. Sosa, R.M. Sousa, J. Williams, C.P. Ferri,
M.J. Prince, “Dietary fish and meat intake and dementia in Latin America,
China, and India: a 10/66 Dementia Research Group population-based study”,
American Journal of Clinical Nutrition, 24 June 2009,
doi:10.3945/ajcn.2009.2758
100 000 Algériens affectés par la maladie d’Alzheimer
Par le passé, lorsqu’une personne était âgée et présentait des signes de dégénérescence mentale et de troubles du comportement, on disait d’elle qu’elle est devenue sénile, (Khorfet). L’on est enfin parvenu à cerner les manifestations cliniques de l’Alzheimer, une pathologie psychologiquement et physiquement invalidante.
Quelque 100 000 Algériens seraient actuellement affectés par cette pathologie. On estime d’autre part, à environ 24 millions le nombre des personnes qui, à travers le monde, souffriraient de la maladie d’Alzheimer. Pour ce qui a trait à l’Algérie, les médecins sont tous d’accord pour considérer que cette pathologie va aller crescendo en raison de l’augmentation de l’espérance de vie des nationaux qui se situerait aujourd’hui entre 70 et 72 ans alors qu’elle n’était que de 52 ans en moyenne après l’indépendance. Le Professeur Arezki Mohamed, président de l’Association algérienne de neurologie, indique que chaque année, il est diagnostiqué près de 60 000 cas d’accidents cérébraux vasculaires dans le pays. Lors d’une rencontre médicale internationale organisée sur le sujet, au début du mois de mars à Tizi Ouzou, beaucoup de pathologistes ont relevé le manque crucial d’établissements spécialisés destinés à prendre en charge les malades victimes de ces affections.
L’Alzheimer, qui frappe davantage les femmes que les hommes, est une affection invalidante qui a tendance à se manifester chez les personnes dont l’âge se situe généralement entre 65 et 85 ans. Elle peut cependant se manifester, quoique de manière exceptionnelle, chez des sujets jeunes, (moins de 1% de la population des patients en raison de mutations anormales de gènes).
Durant un entretien avec un représentant du Jour d’Algérie, le Professeur Farid Kacha, chef de service de la clinique de réadaptation psychosociale de Chéraga, dans la wilaya d’Alger, a développé quelques-uns des aspects liés à cette maladie dont il signale qu’elle a été diagnostiquée pour la première fois par le médecin allemand, Alois Alzheimer, qui en a ensuite révélé les symptômes, en 1906, au cours d’une rencontre de médecins aliénistes.
Durant quatre années et demie, le docteur Alzheimer a suivi une malade présentant des signes de dégénérescence et chez laquelle il a eu à observer des troubles progressifs de la mémoire, de l’orientation spatiale et temporelle, des idées délirantes suivies d’hallucinations ainsi que des troubles aphasiques lors desquels le patient éprouve des difficultés à s’exprimer et à comprendre le langage oral ou écrit.
Quand le malade ne se reconnaît plus
Quand on lui demande quels sont les signes cliniques qui permettent de savoir qu’une personne est affectée par le syndrome d’Alzheimer, le Professeur Kacha répond que cette maladie se traduit par des troubles progressifs, s’aggravant de manière irrémédiable et touchant d’une part, la sphère cognitive et d’autre part, le comportement. «Il y a, explique-t-il, une altération de la mémoire, c’est-à-dire des capacités à apprendre des informations nouvelles ou à se rappeler d’autres. On observe aussi une perturbation du langage, des difficultés à réaliser une activité motrice en dépit de fonctions motrices intactes. Le malade se trouve également dans l’impossibilité de reconnaître ou d’identifier des objets, malgré des fonctions sensorielles intactes, à faire des projets organisés et ordonnés dans le temps ainsi que d’avoir une pensée abstraite jusqu’au moment où s’installe un sentiment de vide complet de la pensée. Il voit son image dans une glace mais est incapable de se reconnaître. Les membres de sa famille, même ceux parmi les plus proches, lui sont totalement inconnus. La ma-ladie d’Alzheimer, précise encore le praticien, a la particularité de faire deux victimes à la fois. Il y a d’une part, la personne qui en est affectée et d’autre part, sa famille avec laquelle toute relation sociale est désormais interrompue». Décrivant les différentes phases d’évolution de la maladie, le Professeur Kacha explique que la première d’entre elles est la période pré-clinique durant laquelle les lésions apparaissent progressivement mais sans traduction clinique.
«Lorsque, poursuit-il, les lésions plus importantes se manifestent, on parle alors à ce stade de maladie d’Alzheimer pré-démentielle».
«C’est une maladie à évolution lente et progressive, variable d’un patient à un autre, à l’issue de laquelle le décès de celui-ci survient en moyenne entre 4 et 10 ans après le diagnostic de démence lié, soit aux pathologies récurrentes, soit des suites de complications chez les malades grabataires».
Seul un médicament est disponible en Algérie
Quand on demande s’il est possible de soigner cette affection, le médecin répond que les traitements médicamenteux spécifiques de la maladie d’Alzheimer sont d’ordre symptomatique. «Les molécules utilisées visent à modifier le processus pathologique mais à plus long terme l’objectif est de mettre au point des médicaments permettant de bloquer le processus pathologique dès son début. Plus le diagnostic sera posé tôt, meilleure sera la prise en charge du patient et de sa famille.»
Un seul traitement est en usage en Algérie pour traiter cette maladie. Il s’agit du Donepezil, (Aricept), commercialisé à partir de 2007. La Rivastigmine, (Exelon), et la Galenthamine, (Reminyl), mieux tolérés et possédant des propriétés pharmacologiques légèrement différentes ne sont pas disponibles sur le marché, «ce qui empêche de remplacer les effets indésirables d’un produit observés chez un malade par un autre». Le professeur tient à attirer l’attention sur le fait que si un traitement au Donozepil est interrompu durant six semaines, il est provoqué un déclin cognitif tel que le patient re-trouve l’état qu’il aurait eu sans avoir jamais été traité. «Bien plus, avertit-il, il ne retrouvera plus, après la reprise du traitement, l’état cognitif antérieur qui était le sien après l’interruption de son traitement».
Il existe en outre une seconde possibilité de prise en charge des malades par un ensemble de moyens psychologiques mis en œuvre dans un but thérapeutique pour tenter d’alléger la souffrance psychique du malade et de son entourage. Le Professeur Kacha développe à ce sujet deux idées essentielles : «La première est que la pensée du patient est entraînée vers une logique de perte et de régression, mais celle-ci n’est pas négative et peut devenir source de satisfaction dans le registre primaire où le plaisir du sens remplace celui de la pensée. Elle peut devenir un levier de soin si elle est autorisée et accompagnée. La seconde idée consiste à ne pas priver le patient de soutien psychologique et le considérer comme objet d’atteinte organique cognitive exclusivement, les facteurs affectifs étant longtemps accessibles à la relation». La maladie d’Alzheimer peut-elle être évitée ? «Il y a des gens qui estiment que cela est possible en faisant travailler son cerveau, c’est-à-dire lire, mobiliser ses cellules cérébrales en s’adonnant à diverses activités mais cela n’est pas prouvé».
Le calvaire permanent des familles de malades
A la question de savoir à quel moment lorsqu’on soupçonne que soi-même ou un membre de sa famille commence à présenter des signes avant-coureurs de la maladie d’Alzheimer, le Professeur explique que pour évacuer toute crainte, il faut prendre la précaution de consulter un médecin généraliste ou bien se rendre dans un centre spécialisé, lesquels, par le biais d’un test de mémoire, pourront déterminer si oui ou non, il y a lieu de s’inquiéter.
Il est difficile de pouvoir s’imaginer la détresse, le calvaire de familles, (quand le malade a la possibilité d’être entouré par les siens), ayant en leur sein un membre atteint de cette maladie qui, en plus d’être sujet à divers troubles de dégénérescence comme ceux de déféquer et d’uriner sur lui-même, de refuser parfois de s’alimenter, de devenir violent par moment. Des associations constituées de parents de malades se sont constituées pour se faire entendre des pouvoirs publics. Elles ont demandé que soient créés des établissements spécialisés destinés à recevoir, ne serait-ce que pour un moment, les patients. Leurs appels sont à ce jour restés vains. Le Professeur Kacha souligne que de pareilles institutions dont la construction pourrait être réalisée avec le concours d’entreprises publiques et parapubliques de même que les grandes institutions, pourront contribuer à soulager des familles «à bout de souffle», durant un moment et permettre en même temps l’information et la formation d’équipes pluridisciplinaires spécialisées dans la prise en charge de ces patients.
«C’est la seule occasion qui pourrait être offerte à ces derniers de pouvoir disposer, même pour une courte période, de lieux ensoleillés et d’être accompagnés dans leur voyage au bout de la vie».
C’est de cette
hypothèse que six médecins américains sont partis. Les docteurs Scarmeas,
Stern, Mayeux, Manly, Schupf et Luchsinger, associés avec le Centre Gertrude H.
Sergievsky, l’Institut Taub de recherche de la maladie d’Alzheimer et du
cerveau vieillissant et le Centre médical de l’université de Columbia à New
York City ont publié, le 10 février dernier, les résultats de leurs recherches
dans Archives of Neurology (www. archneurol. com).
New
York : De notre correspondante
Les résultats de
cette étude démontrent que le régime alimentaire méditerranéen est, à la fois
lié à une baisse du risque des troubles cognitifs, mais aussi à une baisse du
risque de développement de la maladie d’Alzheimer chez les patients atteints de
troubles cognitifs. L’étude caractérise le régime alimentaire méditerranéen
primo comme un régime riche en poisson, légumes frais, légumes secs, fruits,
céréales, acides gras non saturés (comme l’huile d’olive), secundo pauvre en
produits laitiers, viande, acides gras saturés, tertio marqué par une
consommation régulière mais modérée d’alcool. Pendant quatre ans et demi, les
médecins ont suivi 1393 sujets sans déficits cognitifs. Parmi eux, 275 ont
développé des troubles de déficits cognitifs légers. Le concept de déficit
cognitif léger représente la phase intermédiaire entre les changements
cognitifs liés à l’âge et ceux liés à des pathologies dégénératives, comme la
maladie d’Alzheimer. Les sujets qui suivaient un régime alimentaire méditerranéen
modéré avaient 17% moins de chance de développer des troubles cognitifs, contre
28% dans le cas des sujets sous régime alimentaire méditerranéen régulier. Sur
la même durée, 482 sujets (sur 1393) avaient déjà des troubles cognitifs légers
et parmi ces 482 personnes, 106 ont développé la maladie d’Alzheimer. Ceux qui
suivaient un régime alimentaire méditerranéen modéré avaient 45% moins de
chance de développer la maladie d’Alzheimer ; ce taux s’élevait à 48% dans
le cas de ceux qui suivaient régulièrement un régime alimentaire méditerranéen.
Les chercheurs notent, aussi, que les effets positifs du régime alimentaire
méditerranéen sur l’évolution des troubles cognitifs en maladie d’Alzheimer
étaient plus accentués chez les sujets qui avaient des troubles cognitifs
légers sans troubles de la mémoire.
L’un des points
incertains de l’étude reste la durée pendant laquelle les personnes suivies ont
adopté le régime alimentaire méditerranéen. Cela dit, les chercheurs ont
établi, dans le cadre de recherches antérieures, que l’adhérence au régime
alimentaire méditerranéen est généralement stable. C’est pourquoi cette
incertitude, selon les chercheurs, ne devrait pas remettre en cause les
résultats de l’étude. Reconnaissant les effets positifs d’une bonne hygiène de
vie sur les troubles cognitifs, les chercheurs ont pris en compte la
comorbidité (présence de troubles médicaux autres qui pourraient expliquer les
troubles cognitifs) dans leur analyse. Ils ont établi que l’index de
comorbidité chez les sujets sans déficit cognitif était le même que chez les
sujets qui ont développé des troubles cognitifs. Les chercheurs sont donc
confiants non seulement dans la méthodologie adoptée, mais également dans les
résultats obtenus. Malgré cela, ils recommandent une analyse plus approfondie
des mécanismes biologiques sous-jacents. L’exploration de ces mécanismes
pourrait permettre, selon eux, « une vision plus complète et plus
convaincante du rôle d’un régime alimentaire sain sur le risque de déficit
cognitif et la maladie d’Alzheimer ».
Dans les années à venir si rien n’est fait, les maladies neurodégénératives vont devenir en France un véritable problème de société eu égard au nombre important (plusieurs millions) d’individus qui seront touchés par cette catégorie d’affections. N’y a-t-il rien que l’on puisse faire pour prévenir cette situation ? Certainement pas, car l’alimentation dite « fonctionnelle » peut être un formidable moyen de prévention.
Mais qu’est-ce que l’alimentation fonctionnelle ? Les aliments fonctionnels sont des aliments ou des extraits d’origine alimentaire ayant le pouvoir de rétablir la santé en corrigeant les anomalies biochimiques apparaissant avec le vieillissement de l’organisme. Il est à présent possible grâce à l'alimentation d’agir sur les mécanismes conduisant au développement des maladies telles que le cancer, les affections rhumatismales, les maladies neurodégénératives, etc. et de prévenir leur apparition.
Alimentation fonctionnelle contre maladies neurodégénératives. Selon les habitudes alimentaires adoptées, l’alimentation peut avoir pour effet de renforcer l’action des facteurs à l’origine de la destruction des neurones ou au contraire de les neutraliser. L’alimentation fonctionnelle peut ainsi permettre de ralentir l'évolution de la maladie d’Alzheimer et d’obtenir même sa régression!
Mélisse contre Maladie d’Alzheimer. La mélisse est une petite fleur alimentaire qui est utilisée généralement en infusion pour son léger effet calmant. Mais la mélisse cache en vérité un pouvoir thérapeutique vis à vis de la maladie d’Alzheimer, PHENOMENAL ! Cette plante renferme de nombreuses substances capables d'inhiber un enzyme, l’acétylcholinestérase, à l'origine de la destruction de l'acétylcholine qui est un neurotransmetteur essentiel dans le mécanisme de mémorisation. Elle possède également le pouvoir de stimuler les récepteurs dits « cholinergiques » à l’origine de la libération d’acétylcholine au niveau des jonctions entre les neurones. Ces différentes propriétés de la mélisse se traduisent chez le malade par une amélioration très significative de la mémoire.
Bien évidemment d’autres plantes alimentaires partagent avec la mélisse ces mêmes propriétés, et il ne fait aucun doute que l’alimentation fonctionnelle a une place importante à tenir dans la lutte contre les maladies neurodégénératives comme la maladie d’Alzheimer ou de Parkinson. Pour en savoir plus sur l’alimentation fonctionnelle appliquée aux maladies neurodégénératives, consulter : Alzheimer Parkinson – le rôle essentiel de l’alimentation dans la prévention des maladies neurodégénératives ; Patrick WOLF ; éditions Grancher.
La maladie d’Alzheimer en Algérie : état et perspectives par Yazid Haddar
Cette maladie fait de plus en plus parler d’elle, et les médias en particulier ont participé à sa vulgarisation. Si l’on compte de plus en plus de personnes malades d’Alzheimer (MA) (24 millions dans le monde dont 100 000 en Algérie(1)), ce n’est pas parce que la maladie est récente, au contraire, cette maladie existe déjà depuis des siècles, mais c’est parce que nous vivons de plus en plus longtemps, grâce notamment aux avancées dans le domaine de la recherche scientifique, et plus particulièrement dans le domaine médical. Ainsi, la vie se prolonge (en Algérie l’espérance de vie est passée de 50 ans en 1962 à 76 ans en 2007(2)).
Selon une croyance très ancienne, c’est souvent le retour de la personne âgée à l’enfance, appelé « gâtisme » qui paraît être la conséquence inéluctable de vieillissement, ce qui est faux. Notre société n’échappe pas à ce fléau mondial. Même si, chez nous, les personnes âgées sont entourées par la famille, ce qui préserve leur capacité cognitive, il n’en demeure pas moins que la culture individualiste gagne de plus en plus du terrain et que la prise en charge par la famille se fait d’une façon archaïque sans toutefois prendre les précautions sanitaires qui s’imposent.
Qu’est-ce que la maladie d’Alzheimer ? La MA est une maladie neurodégénérative du tissu cérébral qui entraîne la perte progressive et irréversible des fonctions mentales. Alzheimer (nom propre devenu nom commun, mais quel nom commun !) a examiné le cerveau d’une personne après sa mort et il a trouvé des lésions, c’est-à-dire des modifications visibles de la structure du cerveau. Ces modifications étaient de deux types : les plaques séniles, qui avaient déjà été observées par Oskar Fischer chez les personnes âgées, et les dégénérescences neurofibrillaires dont Alzheimer fit la première description. Ainsi, les symptômes cognitifs, dont les causes étaient encore mystérieuses, étaient associés à des modifications visibles du cerveau. La découverte de cette association est à l’origine de la notion moderne de démence : des lésions du cortex cérébral engendrent des symptômes intellectuels tels que des troubles de la mémoire, de la parole, du geste, ainsi que de la reconnaissance visuelle et auditive.
Facteurs de risque :
- L’âge essentiellement (supérieur à 65 ans) ;
- Des antécédents familiaux de maladie d’Alzheimer, ou l’existence de mutations spécifiques (préséniline, APP) ;
- Des antécédents personnels de dépression, de traumatisme crânien, notion d’exposition à l’aluminium (mais ces notions sont controversées) ;
- Inhibition ou atténuation de la sécrétion des protéines nocives aux niveaux des chromosomes 10, 14, 19 et surtout 21 ;
- Vieillissement sexuel et en particulier période post- ménopausique(3);
- Et d’autres facteurs non encore confirmés (par exemple, régime pauvre ou riche en acides gras, etc.)
Les principales étapes de développement de la MA:
Stade léger :
- Défaillances de mémoire : les informations nouvelles ne sont pas ou mal mémorisées ;
- Difficulté à trouver ses mots;
- Désorientation dans l’espace, surtout dans les environnements nouveaux ;
- Désorientation dans le temps ;
- Perte de l’intérêt pour ce qui l’entoure, perte d’initiative et de motivation ;
- Agitation, voire légère agressivité.
Stade modéré :
- Troubles plus marqués de la mémoire à courte terme ;
- Accentuation des difficultés de langage et de compréhension ;
- Difficulté dans les actes au quotidien ;
- Désorientation dans l’espace familier ;
- Oubli de l’heure, de la date, de la saison, de l’année ;
- Hallucinations, visions, voire délires ;
- Accès d’agressivité.
Stade avancé :
- Troubles de la mémoire à long terme, oubli de sa propre histoire ;
- Ne prononce plus que quelques syllabes ;
- Ne reconnaît plus ses proches ;
- Les automatismes de l’alimentation (mâcher, avaler) peuvent disparaître ;
- Incontinence ;
- Perte totale d’autonomie ;
- Faiblesse et augmentation du risque d’infections.
Prévention :
- Luter contre l’hypertension réduit les risques de démences;
- La piste nutritionnelle est également prometteuse bien qu’elle n’ait pas fait l’objet d’une évaluation convaincante : la consommation régulière de fruits, de légumes et de poisson aurait un effet préventif ;
- Les autres pistes de prévention sont axées sur la prévention des capacités cognitives de réserve par une vie sociale et culturelle active et stimulante, l’exercice physique régulier et la lutte contre la solitude et les troubles affectifs.
L’identité du malade Alzheimer est-elle préservée ou se détériore-t-elle au fil du temps ?(4) Il existe deux « soi » chez les MA :
- Un « soi » qui reste intact en dépit des troubles dus à la maladie, il résulte de la personnalité qui s’est élaborée au fil de l’histoire de l’individu, il est l’individu lui-même et se maintient malgré la maladie (il s’exprime par « je ») ;
- Un « soi », dimension publique de la personne qui peut-être perdue à cause de la maladie (il est une construction identitaire qui dépend des relations avec les autres, des rôles sociaux). Dans ce cas, la perte du soi n’est liée qu’à la perception que les autres ont du malade et à la façon dont ils agissent envers lui.
La prise en charge des malades Alzheimer (MA)en Algérie: Lorsqu’une personne âgée consulte un médecin généraliste pour des troubles amnésiques, ce dernier l’oriente le plus souvent vers un spécialiste ou une structure hospitalo-universitaire, ce qui aboutit généralement à la simple prescription de médicaments sans réel suivi.
Or, de par le monde, pour établir le diagnostic d’un déclin cognitif, les neurologues, neuropsychologues et gériatres ont recours à des tests spécifiques : MMS (Mini Mental State Examination), test de l’horloge, test de la MATTIS, PEGV (Protocole Montréal-Toulouse d’Evaluation des Gnosies Visuelles), etc. Cependant, certains items de ces tests ne sont pas adaptés au contexte social et linguistique algériens.
Je précise que la neuropsychologie est une discipline qui connaît, depuis ces dernières années, un développement exceptionnel. Elle influence diverses disciplines, de la psychologie à la neuroscience. Elle vise à une modélisation intégrée des processus mentaux et des supports neuronaux des comportements normaux et pathologiques. Elle constitue l’un des maillons centraux des sciences cognitives. Son objectif est triple : diagnostique, thérapeutique et cognitif.
En Algérie, la formation des neuropsychologues n’existe pas, car c’est encore une discipline récente qui commence à se répandre dans certains pays comme les USA, le Canada, l’Italie, et la France). En France, cette discipline fait l’objet d’un débat, car non seulement elle remet en cause les principes fondamentaux de la psychanalyse (voir « Le livre Noir de la psychanalyse »), mais elle s’appuie sur les nouvelles techniques modernes telles que le EEG et IRMf, etc. Le statu quo de la formation des psychologues en Algérie ne permet pas d’ouvrir cette spécialité, par exemple, à l’université d’Alger.
En effet, cela nécessite :
- des enseignants en biologie ainsi que des chercheurs dans le domaine des neurosciences, de la neurobiologie, et surtout de la psychologie cognitive ;
- des laboratoires équipés d’outils spécifiques ;
- une bibliothèque pouvant répondre aux besoins de l’étudiant et du chercheur ;
- une collaboration directe entre l’université et les centres hospitalo-universitaires, les centres de mémoire, les centres pour handicapés, les maisons de retraites, etc.
Comme je l’ai déjà souligné dans mon précédent article(5), à l’université algérienne, on ne trouve pas d’institut de psychologie à proprement parler, mais la psychologie est intégrée dans l’enseignement des sciences sociales. Ceci explique sans doute en partie le retard que l’Algérie accumule en particulier dans le domaine de la santé mentale. Pourtant, le champ de recherche dans le domaine de la psychologie est très important. Lorsqu’on feuillette la presse nationale, on constate que plusieurs cas nécessitent une prise en charge et des études exploratoires.
3.5 millions d’Algériens avaient plus de 60 ans en 2007(6), ce qui représente environ 10.6 % de la population algérienne. Sur ce rythme, on peut estimer que cette population atteindra 40 % d’ici 2040. Or, les infrastructures actuelles sont insuffisantes et le recours aux maisons de retraites médicalisées n’est pas encore entré dans les us et coutumes algériens. Il est important de signaler que les structures d’accueil pour personnes âgées ne doivent pas être considérées comme des lieux où l’on abandonne les siens. Bien au contraire, ces structures permettent d’assurer une prise en charge associant confort et mieux-être de ce public, contrairement aux idées répandues par les médias et les moralistes. Car, lorsqu’une personne perd ses capacités cognitives et motrices, il est préférable qu’elle soit prise en charge par une équipe médicale spécialisée. Certes, le milieu naturel affectif est important pour sauvegarder les capacités cognitives de ces personnes, mais la prise en charge, comme je l’ai souligné plus haut, est lourde et demande un personnel qualifié pour cette tâche. Sans négliger l’impact qui peut avoir lieu sur le moral des membres de la famille qui assistent, impuissants, à la dégradation physique et psychique de leur proche. La société algérienne connait une évolution qui doit être encadrée par des règles morales adéquates et non culpabilisantes.
En outre, ces maisons de retraites spécialisées permettent d’alléger les hôpitaux et les services d’urgences. De plus, elles permettent la création de nouveaux emplois (aides-soignants, kinésithérapeutes, psychologues, animateurs, etc.) Enfin, les centres de mémoire peuvent regrouper l’ensemble des disciplines pour un meilleur diagnostic et une bonne prise en charge des malades Alzheimer et autres.
Notes :
1- Cf. La Tribune 20-21 /06/08.
2- Cf. La Tribune 20-21 /06/08 et El-Watan 27 avril 2008.
3- Idée qui fait toujours débat actuellement dans la communauté scientifique.
4- Cf. R. L. BEARD, In their voices: Identity preservation and experience of Alzheimer’s diseas, in journal of Aging Studie. Vol. 18 pp 415-428, 2004.
LA MALADIE D’ALZHEIMER TOUCHE AU MOINS 100 000 PERSONNES EN ALGÉRIE
Ils seraient au moins 100 000 à être atteints de la maladie d’Alzheimer en Algérie, probablement plus si l’on comptabilisait les cas non encore diagnostiqués. Nawal Imès – Alger (Le Soir) – Les spécialistes tirent la sonnette d’alarme : avec le vieillissement de la population, le risque de voir les cas se multiplier est réel. Pour les médecins, la maladie d’Alzheimer est un problème de santé publique. Pas pour les décideurs. Ces derniers n’en font pas une priorité. Pire encore, ils ignorent totalement les mises en garde du corps médical qui, face à l’ampleur du problème, ont pris l’initiative de créer des consultations mémoire. Les neurologues, psychiatres et psychologues qui y exercent sont au contact de familles désemparées, ne sachant à quelle structure s’adresser. Les médecins sont pourtant formels : la prise en charge de la maladie ne nécessite pas des moyens faramineux mais tout simplement une meilleure organisation et une synergie entre plusieurs spécialités. Une consultation mémoire exige la présence d’un neurologue, d’un psychiatre et d’un psychologue. Des tests très simples permettent de situer le degré d’évolution de la maladie. La mise en place de centres Alzheimer fait partie des recommandations des médecins. Ces centres serviront non seulement à poser le diagnostic mais également à former les médecins, exerçant aussi bien dans le secteur public que privé, à reconnaître les premiers signes de la maladie et traiter rapidement les premiers symptômes. Parce qu’elle atteint le cerveau, la maladie se manifeste par des oublis, par de l’agressivité et une grande angoisse. Des symptômes qui exigent une présence quasi permanente des familles. Ces dernières, qui ne bénéficient d’aucune aide, finissent par avoir elles-mêmes besoin de soutien. Un soutien qui ne peut se faire sans la mise en place d’un système d’aide à domicile auquel la Sécurité sociale doit impérativement être associée. En tournant le dos à toutes ces propositions des professionnels, les pouvoirs publics prennent le risque de voir s’exploser dans quelques années une véritable bombe à retardement. Nawal Imès
Qu’est-ce que la maladie d’Alzheimer ? La maladie d'Alzheimer est une maladie neurodégénérative du tissu cérébral qui entraîne la perte progressive et irréversible des fonctions mentales. La cause exacte est encore inconnue, mais on suppose que des facteurs environnementaux et génétiques y contribuent. Des mutations dans au moins quatre gènes prédisposant à la maladie d'Alzheimer ont été identifiées. Elles sont particulièrement en cause dans les cas familiaux à début précoce, qui représentent moins de 5% des patients atteints par la maladie. Le premier symptôme est la perte du souvenir des événements récents ; elle se manifeste initialement par des distractions mineures qui s'accentuent progressivement avec la progression de la maladie, tandis que les souvenirs plus anciens sont relativement préservés. Par la suite, les déficits cognitifs s'étendent aux domaines du langage, de l'organisation des mouvements, de la reconnaissance visuelle et des fonctions exécutives, telles que la prise de décision et la planification.
Les dix signes qui doivent alerter - Perte de la mémoire récente - Difficultés à effectuer les gestes de la vie quotidienne - Problèmes de langage - Désorientation dans le temps et dans l’espace - Perte des capacités de jugement - Perte des raisonnements abstraits - Oubli et pertes d’objets - Changement d’humeur et de comportement - Modifications du caractère et de la personnalité - Passivité et perte d’initiative.
POUR LA PETITE HISTOIRE Alzheimer est venu en Algérie
Neuropsychiatre allemand, Alois Alzheimer fut le premier à avoir décrit les symptômes de la maladie qui porte depuis son nom. On raconte que son ami Erb, spécialiste de la syphilis, soignait un banquier qui était atteint de cette affection. Se sentant mieux, le banquier avait alors organisé une expédition en Afrique, mais voilà qu’Erb reçoit un jour un télégramme lui demandant de se rendre rapidement au chevet de son patient en Algérie. Ne pouvant se déplacer, il envoya Alzheimer qui trouva le banquier mort et qui a fini par épouser la veuve ! Cela s’est passé au début du siècle dernier N. I.
LE PROFESSEUR AREZKI, CHEF DU SERVICE NEUROLOGIE AU CHU DE BLIDA : «Sans une réaction rapide, le risque est très grand»
A la tête du service de neurologie du CHU de Blida et de la Société algérienne de neurologie et neurophysiologie clinique (Sannc), le professeur Arezki fait partie de ceux qui considèrent la maladie d’Alzheimer comme un problème de santé publique. Si l’espérance de vie des Algériens augmente de 5 ans, dit-il, la prévalence de la maladie va doubler, expliquant que la prise en charge de la maladie ne nécessitera pas plus de moyens financiers pas plus que la mise en place d’une synergie entre les différentes disciplines médicales et plaide pour la mise en place, sans attendre, de centres référents Alzheimer dans les grandes villes. «Ça ne coûtera pas cher. Il suffira de mettre en place une organisation. Ce n’est pas énorme lorsqu’on sait que le risque est très grand à l’avenir.» Pour le professeur Arezki, la mise en place d’un centre mémoire permettra non seulement de diagnostiquer la maladie, mais devra également assurer la formation des généralistes aussi bien exerçant dans le secteur privé que public, à reconnaître les signes de la maladie qui nécessite une étroite collaboration entre les neurologues, les psychiatres et les psychologues. «A Blida, nous avons la capacité de le faire. Nous avons la capacité de le faire même si, pour le moment, nous avons des problèmes de financement que nous pouvons d’ailleurs facilement régler. Cela pourrait pousser d’autres CHU à suivre», dit-il ajoutant qu’au niveau de certains CHU, il existe déjà des consultations mémoire mais cela reste à ses yeux insuffisants. «Sans ces centres mémoire qui doivent voir le jour rapidement, la maladie d’Alzheimer pourrait vite devenir une urgence.» Le problème, pour le moment, c’est que, très souvent, les malades qui arrivent en consultation sont déjà dans un stade de dégénérescence. L’idéal serait de pouvoir les prendre en charge le plus tôt, c’est-à-dire dès l’apparition des premiers signes. Même s’il n’existe pas de traitement de la maladie, certains symptômes comme l’agressivité ou l’angoisse peuvent disparaître avec une bonne prise en charge. La maladie nécessitant une présence permanente d’un membre de la famille aux côtés du malade, le professeur Arezki considère qu’il est impératif de mettre en place un système pour aider les aidants. L’idéal serait, selon lui, de créer des centres d’accueil de jour qui permettraient d’un côté de soulager les familles et de l’autre d’améliorer la qualité de vie du malade. «Il ne s’agit nullement d’hospitalisation. Le malade atteint d’Alzheimer ne doit en aucun cas être coupé de son environnement et de sa famille. Cela le déstabiliserait totalement. Il s’agit tout simplement de le mettre, la journée, entre les mains de spécialistes qui stimulent sa mémoire. Sa famille, qui aura eu le temps de respirer un peu, le récupérera en fin de journée». Sans ce système, ce sont les aidants qui nécessiteront une prise en charge psychologique, au regard de l’énergie que demande la prise en charge quotidienne du malade. «Il faudra également trouver des mécanismes avec les assurances pour que les services d’aide à domicile soient développées. » Autant de propositions faites pour justement éviter qu’il ne soit trop tard. N. I.
L’ASSOCIATION ALGÉRIE ALZHEIMER SE BAT POUR SON INSTITUTIONNALISATION L’aide à domicile, loin d’être un luxe
Faire face au quotidien, pour une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer, est une véritable épreuve pour les familles. Les malades nécessitent une présence permanente, des nerfs d’acier et une résistance à toute épreuve. Sans un véritable réseau d’entraide familial, il est impossible d’y arriver. Même les familles les plus soudées finissent par ressentir le besoin d’une aide extérieure qu’il n’est pas toujours aisée de trouver. L’aide à domicile n’est pas un service développé en Algérie. Souvent, les familles font appel à des personnes sans qualifications particulières pour les décharger de certaines tâches ou tout simplement pour tenir compagnie à la personne malade afin qu’elles puissent vaquer à d’autres occupations. La détresse des familles est d’ailleurs au centre des préoccupations de l’association Algérie Alzheimer, créée en 2005. Sa présidente, Mme Harchaoui, explique que depuis sa création, l’association est assaillie par les demandes des familles qui espèrent être aidées. Faute de pouvoir mobiliser un grand nombre de bénévoles, l’association ne peut malheureusement pas répondre à toutes les demandes. Sa présidente se demande, à ce titre, pourquoi les APC, par exemple, ne prendraient pas en charge ce volet en recensant les personnes nécessitant une assistance et en orientant les jeunes recrutés dans le cadre du filet social dans ce créneau. Mme Harchaoui estime également que l’absence de services de gériatrie complique la prise en charge des personnes âgées. En dépit de ces difficultés, l’association se démène pour accompagner les personnes et leurs familles. Ses membres se déplacent à la consultation mémoire du CHU de Bab-El-Oued pour recenser leurs besoins, prodiguer des conseils et apporter à ceux qui en ont besoin des conseils juridiques, grâce à l’apport de juristes bénévoles. Des actions qui restent pour le moment centrées sur la wilaya d’Alger, puisque l’association n’a pas pour le moment un caractère national. Un projet qui tient à coeur à sa présidente, qui indique que la demande est grandissante dans toutes les wilayas. N. I.
L’inexorable vieillissement de la population Les chiffres sont têtus : les projections démographiques donnent d'ici à 2025 un doublement des effectifs des personnes âgées de 60 ans et plus. Cette catégorie représentera, à cet horizon, 11,6% de la population totale. Le vieillissement devrait aller en s'accentuant, et dans moins d'un demi-siècle, la communauté des personnes âgées de 60 ans et plus sera supérieure en nombre à celle des moins de 15 ans. La proportion de cette tranche d’âge baissera à 19% du nombre total de la population en 2050, alors qu’elle dépasse actuellement les 40%. Par ailleurs, le nombre des personnes âgées de plus de 50 ans dépassera les 10 % à l’horizon 2020. Une situation que les pouvoirs publics doivent rapidement prendre en considération pour éviter que dans trente ou quarante ans, cela ne se fasse dans l’urgence. N. I.
La guerre des chiffres Obtenir des chiffres fiables en Algérie en ce qui concerne la prévalence de la maladie d’Alzheimer, relève de l’exploit. Le seul chiffre qui semble faire consensus auprès du corps médical est celui de 100 000 personnes atteintes, soit 13% de la population. Des statistiques qui avaient fait sourire Amar Tou, ex-ministre de la Santé, qui n’avait pas hésité à dire que les médecins ne savaient pas compter. Une étude effectuée en 2004 par des neurologues et des psychologues a montré que parmi 3 000 personnes, toutes âgées de plus de 65 ans, qui se sont présentées au CHU de Bab-El- Oued pour diagnostic, 30% souffraient de troubles de la mémoire. N. I.
Les médecins prennent de vitesse les politiques ! Parce qu’ils sont au contact des malades et de leurs familles au quotidien, les médecins qui exercent au niveau des CHU n’ont pas attendu la prise de conscience des pouvoirs publics pour réagir. Aussi bien au CHU de Bab-El-Oued, à Mustapha qu’à Frantz-Fanon, à Blida, des «consultations mémoire» ont été créées par des équipes pluridisciplinaires qui prennent en charge les malades et qui font des diagnostics précoces. Ces équipes de spécialistes, composées de neurologues, de psychologues, de psychiatres et d’orthophonistes, reçoivent les malades avec leurs familles et, à l’aide de tests, diagnostiquent la maladie d’Alzheimer et proposent un accompagnement aux personnes qui en sont atteintes. N. I.
Des plantes médicinales contre l’Alzheimer ? 27-07-2008
Certaines plantes médicinales pourraient être utiles aux personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer. L’usage thérapeutique de la mélisse, de la sauge, du ginkgo biloba ainsi que de deux préparations de la pharmacopée chinoise permettrait de réduire les symptômes de cette maladie. Des chercheurs brésiliens en sont venus à cette conclusion en analysant les résultats de quatre essais cliniques et d’une méta-analyse. Ces plantes auraient réussi à réduire les symptômes plus particulièrement liés au déclin cognitif chez des patients atteints de la maladie d’Alzheimer. La mélisse et la préparation chinoise Yi Gan San présenteraient, en plus, un effet sédatif. Les mécanismes par lesquels ces produits agissent sur le cerveau ne sont pas clairement établis.
Cependant, les auteurs citent des études offrant quelques pistes à ce sujet. Ainsi, la composition chimique de l’huile essentielle de mélisse pourrait agir sur l’activité du cortex, et, par le fait même, sur la fonction cognitive. Quant au Ba Wei Di Huang Wan, il augmenterait, dans le cortex, le contenu en acétylcholine qui permet la transmission de l’influx nerveux entre les neurones. Les chercheurs ont noté quelques lacunes dans les études passées en revue. A titre d’exemple, peu de sujets ont participé à ces études, selon eux. Ils considèrent cependant que le potentiel thérapeutique de ces plantes se révèle assez prometteur dans le traitement des symptômes de la maladie d’Alzheimer pour justifier de plus importantes études sur leurs effets. A noter que, dans le cadre de ces études, les feuilles de la mélisse (Melissa officinalis) et de la sauge (Salvia officinalis) ont été utilisées sous forme de teinture. La préparation Yi Gan San a été administrée sous forme d’extrait sec résultant de l’assemblage de sept plantes dont la racine d’angélique. Une autre préparation chinoise, Ba Wei Di Huang Wan, constituée de huit plantes dont la rehmannia, a été consommée sous forme de poudre mélangée à du miel.
source: le soir d'algerie (http://www.lesoirdalgerie.com )